mardi 15 mai 2012

Références utiles pour penser la décroissance

Voici une liste des principaux sites consultés pour préparer la présentation de type Prezi de ce matin (voir le billet précédent).

  • Revue Entropia (Revue d'étude théorique et politique de la décroissance), depuis l'automne 2006: http://www.entropia-la-revue.org/
  • Revue La décroissance (le mensuel des objecteurs de croissance), depuis mars 2004: http://www.ladecroissance.net/
  • Low-tech Magazine. Doubts on Progress and Technology http://www.lowtechmagazine.com/
  • NEF (The New Economics Fondation). Economics as if People and the Planet Matters. http://www.neweconomics.org/
  • La revue Silence (Elle se veut un lien entre toutes celles et ceux qui pensent qu'aujourd'hui il est possible de vivre autrement sans accepter ce que les médias et le pouvoir nous présentent comme une fatalité.) http://www.revuesilence.net
  • Le  Collegium international est un groupe qui s’efforce de proposer des approches nouvelles et originales, capables de faire face à la crise qui menace la planète et les sociétés humaines, en interdépendance sans cesse croissante : http://www.collegium-international.org/
  • Post Carbon Institute (Founded in 2003, Post Carbon Institute is leading the transition to a more resilient, equitable, and sustainable world): http://www.postcarbon.org/
  • La Revue durable (revue franco-suisse indépendante, première revue de vulgarisation francophone sur tout ce qui touche à l'écologie et au développement durable) : http://www.larevuedurable.com/
  • Institut Momentum (L'Anthropocène et ses issues). Voir en particulier Le manifeste au lien suivant:  http://www.institutmomentum.org/2011/06/le-manifeste/

Survivre au progrès par la décroissance


Voici le document que nous avons utilisé dans le cours ce matin pour réfléchir à la notion de «décolonisation de l'imaginaire» et pour explorer le concept de décroissance...


L'écofascisme

Un spectre hante l'écologie politique. En effet, l'urgence d'agir peut provoquer toutes sortes de réactions : repli sur soi, action politique, etc. Une minorité d'écologistes croit que l'être humain contemporain ne voudra jamais changer et qu'il faudra imposer politiquement les normes à suivre pour que les écosystèmes puissent se regénérer. On a nommé cette possibilité l'écofascisme, un régime totalitaire qui écraserait les libertés des êtres humains. Est-ce que l'écofascisme est une vue de l'esprit? Non, si l'on se fit à l'existence d'un parti libertarien national-socialiste vert aux États-Unis. Il ne faut pas écarter cette horreur politique. Aussi, il faut se souvenir que l'Allemagne Nazi avait également une sensibilité écologique...  

Vous me demanderez ce que je pense d'une telle possibilité. Je répondrai qu'entre un totalitarisme vert liberticide et un mur entropique je pencherais presque pour le mur entropique. Ceci dit, je préfère miser sur une société qui choisit librement d'habiter sa planète de manière néguentropique.


Simon

Être technophile ou technophobe ?

Un des moteurs du progrès est l'utilisation de la technologie. Il y a bien évidemment différentes perspectives dans le rapport dialectique entre technologies (les philosophes parleront de la technique) et progrès. Dans la recherche de solutions dans le problème soulevé par le progrès la question de la technologie me semble centrale. Pour traiter du rapport entre technologie et progrès, j'exposerai dans cet exercice deux visions technophiles et deux visions technophobes. J'exposerai en troisième lieu un point de vue mitoyen pour terminer sur quelques questions fondamentales par rapport aux technologies.

1.1 La technophilie

La technophilie est présente de manière implicite, c'est un peu la norme sociétale actuelle, et de manière explicite. La première attitude que je nommerai technophilie néolibérale avance que le marché va développer les technologies qui vont permettre de nettoyer l'environnement ou encore de trouver une source d'énergie permettant de perpétuer le développement économique lorsque le pétrole aura atteint son pic de production ou encore lorsqu'il sera épuisé. Attitude naïve qui néglige bêtement le fait que le pétrole est la source la plus concentrée d'énergie à notre disposition. La deuxième attitude, l'hypertechnophilie, est représentée par la philosophie transhumaniste. Un des sous-courants transhumanistes croit, car ça relève bel et bien de la croyance, qu'une sorte de point Omega sera atteint bientôt : c'est la singularité technologique. À ce moment, une sorte de dieu numérique prendra en charge le fonctionnement de la société et grâce à son hyperintelligence artificielle sera en mesure de régler les problèmes de l'humanité. Tout en pensant que cette croyance est particulièrement farfelue, je crois que cette perspective proprement totalitaire est antiliberté et antihumaine.

1.2 La technophobie

La technophobie d'un autre côté implique une attitude de rejet par rapport aux technologies. Arne Naess,  philosophe norvégien, a proposé l'écologie profonde inspirée sur la philosophie romantique, et très critique de la technique, développée par le philosophe allemand Martin Heidegger, pour répondre à ce qu'il nomme l'écologie superficielle. En gros, l'écologie propose un rejet complet de la technologie, un retour à l'état de nature. Pour Naess, c'est la seule manière de pouvoir restaurer les écosystèmes. Une toute autre attitude est la fixation dans le temps qui est représenté par les Amish. Qu'ont fait les Amish au juste? Ils, probablement les hommes d'ailleurs, ont tout simplement décidés de ne pas progresser et de fixer leur mode de vie du 17e siècle. Ils ont fixé dans le temps leur développement, leur progression sociale. Je crois que ces deux attitudes peuvent être attirantes, mais elles sont,  à mon avis, anti-sociales.

1.3 Entre la technophilie et la technophobie?

Il ne faut pas perdre de vue que la technologie est à quelque part une prolongation de possibilités de l'être humain. L'ordinateur comme extension de l'esprit et la pelle mécanique comme extension du bras. Or, cette technologie est énergivore, donc entropique (voir le billet sur ce sujet). Autrement dit, l'augmentation de la  puissance d'action de l'être humain dans le cadre de la civilisation thermo-industrielle pèse lourdement sur les écosystèmes. Ceci dit, faut-il adopter un point de vue technophobe? À mon avis, ce n'est pas souhaitable, voire même que c'est contre-productif. D'ailleurs, Murray Bookchin écrivait dans Une société à refaire que la technologie pouvait être utilisée de façon à renverser l'entropie, soit de manière néguentropique. Ainsi, l'énergie aurait le potentiel d'être créatrice plutôt que destructrice. Proposition difficilement imaginable, mais ô combien séduisante, surtout venant d'un écologiste libertaire - les écologistes ayant généralement tendance à être technophobes. Le défi est immense car il faut prendre un tournant vers la production et la consommation via le développement d'énergies vertes, vraiment vertes. Défi immense certes, mais je crois qu'il faut évaluer la technologie d'un point de vue rationnel plutôt qu'un point de vue émotif ou encore fantasmagorique.

1.4 Quelques questions fondamentales en guise de conclusion...

Jacques Ellul, dans Le bluff technologique, posait en 1988 plusieurs questions pertinentes. Elles restent toujours d'actualité puisqu'elles sont toujours sans réponse :

- [...] allons-nous nous adapter physiquement, socialement, intellectuellement,  à l'informatique?
- Allons-nous nous adapter moralement au génie génétique?
- Allons-nous continuer à pouvoir connaître comme l'humanité l'a fait depuis cinq cent milles ans?
- [Les environnementalistes] ont raison de souligner l'importance majeure de l'enjeu de la Nature, mais comment considérer le défi technologique?
- L'enjeu, c'est l'information et la désinformation par l'excès d'information, c'est l'incapacité des structures politiques ou administratives, des hommes politiques et des doctrines politiques à rendre compte de la réalité actuelle de la mutation technique : y aura-t-il encore une politique autre que la politique spectacle?
- Quelle est, maintenant, par rapport aux techniques, la frontière entre le décidable et l'indécidable?

Je laisse la lectrice ou le lecteur méditer sur ces questions qui m'apparaissent essentielles.

Simon

lundi 14 mai 2012

Pour en apprendre plus sur Serge Bouchard...

Ce matin, nous avons fait référence à la dernière publication de notre invité, Serge Bouchard. Voici la présentation qu'en fait sa maison d'édition.(N.B. Le livre est disponible en format papier ou en format électronique et vous pouvez en consulter quelques pages en cliquant sur le lien ci-dessous.)

C'était au temps des mammouths laineux

« Je suis un grand-père du temps des mammouths laineux, je suis d’une race lourde et lente, éteinte depuis longtemps. Et c’est miracle que je puisse encore parler la même langue que vous, apercevoir vos beaux yeux écarquillés et vos minois surpris, votre étonnement devant pareilles révélations. Cela a existé, un temps passé où rien ne se passait. Nous avons cheminé quand même à travers nos propres miroirs. Dans notre monde où l’imagerie était faible, l’imaginaire était puissant. Je me revois jeune, je revois le grand ciel bleu au-delà des réservoirs d’essence de la Shell, je me souviens de mon amour des orages et du vent, de mon amour des chiens, de la vie et de l’hiver. Et nous pensions alors que nos mains étaient faites pour prendre, que nos jambes étaient faites pour courir, que nos bouches étaient faites pour parler. Nous ne pouvions pas savoir que nous faisions fausse route et que l’avenir allait tout redresser. Sur les genoux de mon père, quand il prenait deux secondes pour se rassurer et s’assurer de notre existence, je regardais les volutes de fumée de sa cigarette lui sortir de la bouche, par nuages compacts et ourlés. Cela sentait bon. Il nous contait un ou deux mensonges merveilleux, des mensonges dont je me rappelle encore les tenants et ficelles. Puis il reprenait la route, avec sa gueule d’acteur américain, en nous disant que nous étions forts, que nous étions neufs, et qu’il ne fallait croire qu’en nous-mêmes. »

Avec sa manière inimitable, sur le ton de la confidence, Serge Bouchard jette un regard sensible et nostalgique sur le chemin parcouru. Son enfance, son métier d’anthropologue, sa fascination pour les cultures autochtones, pour celle des truckers, son amour de l’écriture.
Parution : 7 février 2012, 232 pages
Code barre : 9782764621103
Collection : Papiers collés

Pour l'évaluation de ce cours...

Comme convenu aujourd'hui, l'évaluation du cours prendra deux formes.

D'abord, comme à l'habitude, vous aurez à remplir un questionnaire de consultation qui a été adapté, dans la mesure du possible, pour tenir compte du format différent de ce cours. Vous pouvez vous rendre à l'adresse suivante
https://www.surveymonkey.com/s/survivreauprogres
pour remplir en ligne ce questionnaire ou le faire sur format papier dès demain. Dans les deux cas, on vous demande de le faire d'ici à mercredi midi.

Ensuite, vous êtes toutes invitées à participer à un groupe focus pour discuter de votre expérience dans ce cours avec la direction de l'Université mercredi, à compter de 11h30, autour d'un repas qui vous sera offert. Vous aurez alors l'occasion d'élaborer davantage à partir de questions qui vous seront posées et qui permettront d'aller plus loin que ce que permettent habituellement les questionnaires utilisés. Votre participation est essentielle à ce processus. Nous vous remercions à l'avance de votre collaboration et de votre temps.
À nos lecteurs anonymes... 

Chers lecteurs, chères lectrices,

Nous avons l'intuition (appuyée par quelques statistiques) que nous sommes lus par d'autres personnes que les personnes inscrites à ce cours. Or, nous aimerions bien avoir vos commentaires (sous ce billet si possible) à propos de cette expérience pédagogique. Nous sommes très curieux de savoir qui a lu les blogues. Bref, que pensez-vous de tout ça?

Les professeurs (curieux)...